Maternité d’orthez : l’anesthésiste reste en prison pour le moment

La Cour d’appel a suivi le procureur suite à son appel de la demande de remise en liberté d’Helga W., qui reste en prison.

Philippe Courtois, avocat de la famille de la victime, considère la décision du parquet de faire appel de l’ordonnance « fondée ».

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L’anesthésiste Helga W., mise en examen puis incarcérée le 2 octobre après le décès d’une jeune femme à la maternité d’Orthez, reste en détention, conformément aux réquisitions de Jean-Christophe Muller, procureur de la République à Pau.
Il avait aussitôt fait appel de la décision du juge des libertés et de la détention.

La demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire de la praticienne belge sera à nouveau examinée mardi par la Chambre de l’instruction.

« Le fait que le parquet ait fait appel mercredi de l’ordonnance de remise en liberté était fondé. Je suis maintenant satisfait que la cour d’appel ait suivi l’avis du procureur », a réagi hier soir Philippe Courtois, l’avocat bordelais des parents, du compagnon et du fils de la victime.

« Un contrôle judiciaire trop léger »

Joint par téléphone,le conseil s’est exprimé sur cette confirmation en appel qui « soulage mes clients, les parents et le compagnon de la victime. La demande de remise en liberté d’HelgaW., avait beaucoup choqué Yannick B., (NDLR : le papa du bébé). L’éventualité qu’elle puisse sortir de prison lui était insupportable ».

Et d’appuyer ensuite sur les conditions du contrôle judiciaire présentées par le juge des libertés : « Il me semble préférable qu’elle reste incarcérée, au regard des conditions et contrôles mis en place, qui n’étaient pas assez sévères », estime l’avocat.

D’après lui, la simple injonction de soins « ne suffit pas » : « Helga W. a déjà fait des cures de désintoxication par le passé, qui n’ont servi à rien. Elle est dans le déni de son addiction à l’alcool. Hors de sa cellule, je ne suis pas convaincu qu’elle prenne plus conscience de son alcoolisme et de ce qui s’est passé lors de l’accouchement. »

Me Courtois pense également que, dans ce cas précis, « une assignation stricte à résidence doit être exigée. »

Et troisième élément : « une interdiction totale d’exercer la médecine. Et pas uniquement en France. Ce qui est actuellement le cas. Il faut l’empêcher définitivement de pratiquer », soutient Philippe Courtois, qui avait pour objectif le maintien en détention.

« Dès que j’ai prévenu Yannick B. de la décision, il s’est montré rassuré. C’était important pour toute la famille de savoir l’anesthésiste en prison pour l’heure. »

« Une attitude à la limite du cynisme »

Maître Courtois appuie enfin sur un dernier point, qui concerne cette fois l’attitude du médecin à l’égard de la famille.

« Ce qui me choque depuis sa détention, c’est qu’elle n’ait montré aucun geste de compassion envers la famille et l’enfant. Ni même une pensée. C’est à la limite du cynisme. Elle aurait pu demander à écrire au père de sa cellule.Rien, pas un signe. » déplore le conseil.

Un père replié sur sa douleur

Un père de famille, désormais seul pour élever son petit garçon de deux mois, aidé par des amis pour le quotidien.

Replié sur sa douleur depuis la mort accidentelle de sa compagne, Yannick B. « se dévoue entièrement à son fils. Nous parlons beaucoup à chacune de nos rencontres. Il est suivi psychologiquement. C’est très difficile, absolument douloureux pour lui. Il vit avec un tel sentiment de culpabilité. Il me répète souvent : ” On aurait dû aller ailleurs pour l’accouchement. À Bayonne par exemple. Ma femme ne serait pas morte.” En revanche, le ” bébé va bien, il ressemble beaucoup à sa maman. Ils doivent partir tous les deux à Londres, dans la belle famille, pour y passer les fêtes de fin d’année.” Une famille qui a ” besoin de savoir “ ».

[…]

« De nouveaux éléments sur le drame qui a coûté la vie à une jeune femme qui venait d’accoucher à la maternité d’Orthez, fin septembre, ont été révélés ce mardi matin devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Pau, où Helga W., mise en examen pour homicide involontaire aggravé et incarcérée depuis le 2 octobre, demandait une nouvelle fois sa remise en liberté. »

[…]

L’anesthésiste d’Orthez va-t-elle rester en prison ?
Paris Match – 09/12/2014 – Extrait

« La Cour d’appel de Pau rendra jeudi son jugement sur la demande de remise en liberté d’Helga Wauters, l’anesthésiste belge incarcérée après le décès d’une patiente à la maternité d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques) fin septembre, a-t-on appris mardi auprès de l’avocat de la famille de la victime. «Le délibéré sera rendu jeudi», a indiqué mardi à l’AFP Me Philippe Courtois à l’issue d’une audience à la Cour d’appel. »

[…]

« L’anesthésiste belge, soupçonnée d’une erreur médicale ayant entraîné la mort d’une jeune parturiente à la maternité d’Orthez, saura jeudi si la cour d’appel de Pau répond favorablement ou non à sa demande de remise en liberté, a fait savoir ce mardi l’avocat de la famille de la victime. »

[…]

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