Costa Magica – épidémie de Covid-19 : 180 plaintes contre la compagnie de navires de croisière COSTA

Un collectif de passagers dénonce la mauvaise gestion du bateau suite à l'apparition de cas de coronavirus

Le Cabinet COUBRIS COURTOIS et ASSOCIES a été saisi par un collectif de passagers ayant embarqué sur le navire COSTA MAGICA à partir du 6 mars dernier.

Ce navire a été refoulé de plusieurs ports de la Caraïbes début mars, en raison de cas de coronavirus.

A bord, aucune mesure sanitaire n’a réellement été prise contraignant les passagers à errer à son bord pendant plusieurs jours.

Compte tenu des éléments présentés par les membres du collectifs, 180 plaintes contre la compagnie de navires de croisière COSTA pour « homicides et blessures involontaires » , « non-assistance à personne en danger » et « omission de porter secours ».

Plusieurs passagers ont contracté la COVID 19 et malheureusement 6 passagers sont décédés des suite de cette maladie.

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180 plaintes ont été déposées contre Costa Croisières, une centaine d’autres pourraient suivre. 500 passagers du « Costa Magica » ont attrapé le Covid-19 en mars, dix en sont décédés.

La croisière « Magie des Caraïbes » promettait un voyage d’exception. « Un itinéraire de toute beauté, d’un grand intérêt culturel et artistique, pour tous ceux qui veulent faire de leurs vacances un moment inoubliable ».

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Tous regrettent leur « croisière cauchemardesque ». Au moins 500 voyageurs ont déclaré des symptômes du Covid-19. Certains en gardent de lourdes séquelles, dix sont décédés. Le 10 août dernier, les membres français du collectif ont déposé 180 plaintes à Paris contre la compagnie, notamment pour homicides involontaires, comme l’a révélé Le Point. Selon nos informations, une centaine d’autres plaintes pourraient être déposées début septembre.

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Encore plus de passagers à cause d’une offre de dernière minute à 99 euros

Les premiers jours à bord se déroulent à peu près comme prévu avec trois escales : Tortola, Saint-Martin et Antigua dans les Caraïbes. « Dès le début, rien n’était parfait : on était en retard, on manquait les visites réservées en avance », précise Olivia. Puis les deux suivants arrêts sont annulés : à Saint Kitts et Nevy puis Sainte-Lucie. Le 5 mars, « une offre promotionnelle de dernière minute propose la semaine de croisière pour 99 euros ». Résultat : de nouveaux passagers affluent lors des escales des 5 et 6 mars en Martinique et en Guadeloupe. « Ils veulent remplir le bateau. A ce prix-là, les gens vont dépenser à bord, c’est parfait pour Costa », s’énerve Stéphanie. Ce même soir, à Pointe-à-Pitre, le bateau reste à quai très tard en attente de quelque 300 passagers italiens, bloqués à l’aéroport par des manifestations contre leur arrivée.

Le lendemain, le samedi 7 mars, « sans explication », le commandant annonce le refus de débarquer à Trinité-et-Tobago et à Grenade. Direction La Barbade. A bord, la colère des passagers gronde : le collectif naît. « A ce moment-là, les réclamations sont simplement commerciales. Elles deviendront vite sanitaires », déclare Stéphanie.

Le dimanche matin, la Lyonnaise découvre une petite embarcation, une « pilotine », près du bateau, avec à bord deux hommes en combinaison intégrale blanche. Inquiète pour son fils asthmatique, elle s’isole dans sa cabine. Cinq heures plus tard, le capitaine annonce une grève de dockers. « Ils nous prennent vraiment pour des idiots, on peut voir des passagers d’autres navires embarquer et débarquer », s’emporte-t-elle.

Le soir, dans le théâtre du navire, se réunissent les membres du collectif et le directeur de l’hôtellerie. Stéphanie Dubois l’interroge publiquement sur les hommes en combinaison blanche. « Un contrôle classique », lui répond-il. Le lendemain, les passagers apprennent que des passagers ont été testés pour suspicion de Covid et que toutes les escales sont annulées. Un choc. La situation à bord devient explosive. Des bagarres éclatent.

Les membres de l’équipage s’enferment dans leurs cabines

« Mon fils a pris un coup perdu, puis lors d’un mouvement de foule, il a été séparé de moi quelques instants. Il en fait encore des cauchemars », relate Stéphanie. Les membres de l’équipage, eux, restent silencieux. Le commandant finit par avouer ne pas être autorisé à communiquer sur la situation sanitaire. Contacté, il n’a pas souhaité s’exprimer. Le personnel de bord est équipé de masques et de gants de protection. « On n’avait aucune information à ce moment, il fallait juste continuer de travailler normalement », explique Jeffry (NDLR : le prénom a été modifié), commis de cuisine philippin, embauché pour huit mois « sans jour de congé ». A partir du mardi 10 mars, la réception accueil ferme. Impossible désormais pour les passagers sans portable de communiquer avec leurs proches. Les membres de l’équipage s’enferment dans leurs cabines, laissant les passagers seuls avec leurs questions. En guise de communication, des feuilles et des crayons sont distribués. « Ma carte de cabine s’est désactivée. Heureusement, j’avais celle de mon fils, sinon j’aurais dormi sur le pont », se souvient Stéphanie. A la télévision, les chaînes d’informations sont coupées. Selon Françoise, une croisiériste qui fêtait ses 60 ans, « seules les publicités de Costa tournent en boucle et la connexion wi-fi est très limitée ». Tous les restaurants, à l’exception de l’Esmeralda, ferment : un buffet unique est mis à disposition une heure et demie par repas pour les 2303 passagers.

Le jeudi 12 mars, le débarquement de passagers en Martinique est prévu. A huit heures, leurs cabines déjà rendues, ils patientent sur le pont. Sauf que personne ne retrouve la terre ferme. « C’est l’incompréhension, on n’avait aucune information, ni boisson ni snack. Les enfants étaient couchés à même le sol », se remémore Moïse, un passager martiniquais. Une centaine de passagers s’entassent donc à l’extérieur, en plein soleil. Le bateau est mouillé à six kilomètres des côtes.

Des prélèvements sur des malades suspects sont réalisés au cours de la journée. A 17h23, une annonce est faite pour indiquer que la situation sanitaire est sous contrôle. Mais sept minutes plus tard, le préfet de Martinique révèle l’existence de deux cas positifs à bord. La tension monte. « Les huit heures de soleil plus le choc émotionnel : les gens craquent », commente Stéphanie. Le préfet recommande le confinement de tous les passagers et la prise de repas dans les chambres. Un message jamais diffusé à bord. Le débarquement est reporté au lendemain et ce n’est que dans la soirée que l’accès aux cabines sera redonné.

« Je me suis sentie séquestrée »

Dans la nuit, le nombre de malades explose. Olivia et sa fille ressentent elles aussi les premiers symptômes du coronavirus. « Le médecin ne distribue que de l’ibuprofène alors que ce n’était pas recommandé, c’est n’importe quoi », se souvient Olivia. Elle quémande du paracétamol pour soulager sa fille, qui a plus de 41 degrés de température. Stéphanie, de son côté, tente de calmer les passagers les plus stressés : « Un monsieur, qui devait débarquer, n’avait plus de médicament pour son problème cardiaque. C’était la panique. » Elle dissuade trois autres de rejoindre la Martinique à la nage.

Dimanche 15 mars, dernier jour sur le bateau. Les haut-parleurs martèlent : « Tous les passagers doivent quitter le navire ». Mais Sandrine n’y est pas autorisée. Testée au Covid-19 le matin même, les membres de l’équipage lui interdisent de débarquer avant le résultat. « Ils me disaient que même si j’étais négative au test, je devais rester deux jours dans ma cabine. Je me suis sentie séquestrée », décrit-elle. Accompagnée de son mari, elle craint de manquer le dernier avion sanitaire en direction de la France.

Sandrine alerte les membres du collectif. Rapidement, Stéphanie lui transmet les coordonnées de Jean-Michel Jumez, sous préfet de Guadeloupe. En dix minutes, ce dernier arrive à quai : les quatre derniers ressortissants français à bord du « Costa Magica » sont alors débarqués. « Il a fallu coordonner les autorités médicales à bord et celles terrestres. Je comprends que ces personnes étaient inquiètes, mais on les a accompagnées », éclaire Sabry Hani, directeur du cabinet du préfet. Aujourd’hui encore, Sandrine reste traumatisée, elle est suivie psychologiquement. « Je n’arrive toujours pas à parler de cet épisode sans pleurer », confie-t-elle.

Costa Croisières dément les propos des passagers

Tous les passagers français finissent par être rapatriés par cordon sanitaire. A leur arrivée à l’aéroport Charles-de-Gaulle, personne n’est au courant de leur situation. « On a cherché les agents Costa mais il n’y avait personne », se souvient Sandrine. Tous, même les malades, rentrent chez eux à leurs frais, au risque de contaminer d’autres voyageurs sur leur trajet.

Costa Croisières, malgré tous les témoignages et les documents fournis, continue de démentir les propos des passagers : « Lorsque la croisière a commencé et au moment où les passagers ont embarqué, aucune interdiction, locale comme internationale, n’avait encore été prononcée et aucune restriction de déplacement n’était imposée par le gouvernement français. Dès que la crise a éclaté, l’entreprise s’est immédiatement mobilisée pour soutenir les passagers comme les équipages. La situation sanitaire à bord a été continuellement contrôlée par le personnel médical qui était en contact permanent avec les autorités sanitaires au niveau local. Les passagers ont été informés de manière permanente de l’évolution de la situation en accord avec les consignes des autorités et la compagnie a tout mis en œuvre pour assurer la prise en charge des passagers, en permettant notamment le rapatriement de plus de 25 000 passagers au total. »

Une version qui est loin de convaincre l’avocat du collectif : « Ce que l’on demande aujourd’hui en priorité, ce sont des réponses, affirme Maître Philippe Courtois. Le bateau n’était pas plein, beaucoup de solutions auraient pu être trouvées pour éviter ce qu’il s’est passé. »

Un collectif de passagers a déposé 180 plaintes contre la compagnie de navires de croisière Costa notamment pour “homicides involontaires” et “omission de porter secours”. Ils pointent la mauvaise gestion à l’intérieur du “Costa Magica”, un paquebot refoulé de plusieurs ports de la Caraïbes début mars, en raison de cas de coronavirus. Six passagers sont décédés des suite de la maladie.

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Philippe Courtois, avocat des familles de trois des victimes, revient sur les erreurs de la compagnie au micro d’Europe 1.

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Les ports avaient déjà refusé au bateau d’accoster, avant le départ

« Elle a failli à plusieurs titres, le premier étant bien entendu que le bateau ne devait pas partir au début de cette croisière », explique l’avocat. « Dans les jours qui ont précédé ce départ, le ‘Costa Magica’ avait déjà été refusé pour faire des escales dans les ports concernés par les excursions. » Philippe Courtois cite l’exemple du port de Sainte-Lucie, où, deux jours avant le départ, les autorités avaient refusé au navire d’accoster, « en raison du non-respect par le commandant des recommandations sanitaires ». « Il n’y avait aucune aide à bord », ajoute-t-il.

La compagnie italienne Costa s’est défendue d’avoir caché ou négligé des informations aux passagers du « Costa Magica ». « Le collectif que je représente comprend 850 personnes et passagers. Ils ont toutes une version différente de Costa », dénonce Philippe Courtois. « On a des vidéos où on voit le personnel refuser de répondre aux questions légitimes des passagers et ce sont les passagers eux-mêmes qui se renseignent entre eux, auprès de la presse locale. »

Des cabines ouvertes, des restaurants fermés

« La situation sanitaire à bord a été continuellement contrôlée par le personnel médical qui était en contact permanent avec les autorités sanitaires au niveau local », a rétorqué le croisiériste dès lundi. « C’est complètement faux », dément l’avocat sur Europe 1. « Le préfet de Martinique a intimé l’ordre au commandant de placer dans leur cabine l’ensemble des passagers et de refuser les repas. Or qu’est ce qu’a fait le commandant ? Il a laissé les cabines ouvertes et fermé deux restaurants sur trois. Résultat : aux heures des repas, les passagers se sont précipités en même temps, en file indienne, pour aller se restaurer. »

« Il faudra que Costa soit beaucoup plus précis dans ce qu’il a pu apporter », assure enfin Philippe Courtois. « Ils n’apportent aucun élément alors que nous on dispose de différentes vidéos et informations locales. » Parallèlement, le groupe, qui avait cessé toutes ses activités à cause de l’épidémie, vient d’annoncer une reprise des croisières au départ des ports italiens dès le 6 septembre. Les autres voyages sont suspendus jusqu’au 30 septembre.

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Un collectif de passagers français du Costa Magica, navire de croisières qui s’était vu refouler début mars de plusieurs ports des Caraïbes en raison du coronavirus, a déposé vendredi 180 plaintes à Paris contre la compagnie, notamment pour homicides involontaires, a annoncé dimanche leur avocat à l’AFP.

Ces plaintes, dont celles des familles de trois passagers qui seraient décédés du Covid-19 selon l’avocat Me Philippe Courtois, accusent la compagnie de diverses fautes ou négligences dans la gestion de la crise sur ce navire où plusieurs cas de la maladie s’étaient déclarés.

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Ces plaintes ont été déposées pour «homicides et blessures involontaires», «mise en danger de la vie d’autrui» ainsi que pour «entrave aux mesures d’assistance et omission de porter secours».

«Les personnels à bord ont été défaillants, les passagers n’avaient quasiment plus aucune information à bord et n’ont su que par la presse locale qu’il y avait des cas sur le navire», dénonce Me Courtois, au nom du collectif qui regroupe selon lui quelque 850 passagers français.

«L’ensemble des victimes veulent savoir comment cette croisière a pu être maintenue alors que le navire avait déjà été refusé dans plusieurs ports la semaine précédente», ajoute-t-il, fustigeant les moyens «extrêmement légers» mis en place par la compagnie: prises de température très aléatoire, gel hydroalcoolique en quantité insuffisante, etc.

«Ca devait être une croisière de rêve et ça s’est fini en calvaire, à errer sur le bateau», résume-t-il.

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CORONAVIRUS – Un collectif de Français, qui a voyagé à bord du Costa Magica, touché par le Covid-19 en mars dernier, a déposé 180 plaintes, notamment pour “homicides involontaires” contre Costa Croisières. Ils accusent la compagnie maritime de négligences et diverses fautes dans la gestion de la crise sur le navire.

Un collectif de passagers français du Costa Magica a déposé vendredi 180 plaintes à Paris contre Costa Croisières, a annoncé dimanche 9 août leur avocat Me Philippe Courtois à l’AFP, une information confirmée à LCI. Ces plaintes, dont celles des familles de trois passagers qui seraient décédés du Covid-19, accusent la compagnie de diverses fautes ou négligences dans la gestion de la crise sur ce navire où plusieurs cas s’étaient déclarés. Les charges retenues ? «Homicides et blessures involontaires», «mise en danger de la vie d’autrui» et «entrave aux mesures d’assistance et omission de porter secours».

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«Les personnels à bord ont été défaillants, les passagers n’avaient quasiment plus aucune information à bord et n’ont su que par la presse locale qu’il y avait des cas sur le navire», dénonce Me Philippe Courtois, au nom du collectif qui regroupe selon lui quelque 850 passagers français. «L’ensemble des victimes veulent savoir comment cette croisière a pu être maintenue alors que le navire avait déjà été refusé dans plusieurs ports la semaine précédente», ajoute-t-il, fustigeant les moyens «extrêmement légers» mis en place par la compagnie pour gérer la crise : prises de température très aléatoire, gel hydroalcoolique en quantité insuffisante… «Ça devait être une croisière de rêve», rappelle-t-il, «et ça s’est fini en calvaire, à errer sur le bateau.»

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207 passagers d’un paquebot de croisière, ayant contracté le coronavirus, ont déposé plainte pour blessures et homicides involontaires ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui contre le croisiériste.

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Me Philippe Courtois, qui représente 180 passagers du Costa Magica, s’interroge sur le respect des règles sanitaires et les moyens mis en place par la compagnie pour protéger les passagers durant la croisière.

«On a besoin de savoir. L’ensemble des familles a besoin de savoir ce qui s’est passé. Pourquoi cette croisière de rêve a quasiment tourné au cauchemar», demande l’avocat.

De son côté la compagnie Costa Croisières a annoncé début juillet prolonger la suspension de ses croisières dans le monde jusqu’au 15 août 2020 ainsi que l’annulation de toutes ses croisières estivales en Europe du Nord.

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